
GN organisé par Patrick Receveur, Thomas Forissier et Sébastien Gattet

La légende de Patom III
Le déménagement
Gratte, gratte... CLAP !!!
Un de plus ! Cela doit être l’aube. Ils ont tendance à se cacher quand le soleil darde ses rayons. Celui-la a failli manger mon dernier bout de banane. Je ne sais ce que je deviendrais sans lui, ou du moins, je ne le sais que trop bien…
Les vibrations des planches me torturent de manière plus régulières aujourd’hui. La tornade doit être passée. Cela crisse sur ma droite. Ce pas lourd, c’est le négociant en boisson des Suprêmes. J’en suis sur. Comme tous les matins, il comptes ses Légendes cachées dans sa fausse bedaine. Il doit apprécier le reflet du soleil naissant sur ses pièces d’or. Lui, il doit voyager dans une cabine luxueuse, sans rats, d’où il élabore ses prochaines transactions fructueuses. Surtout, que là-bas, personne n’ai encore arrivé à produire de la divine boisson. Son pas me rappelle toujours le conteur de mon village car il est rythmé par des petits cliquetis réguliers à chacun de ses mouvements. Il doit sûrement cacher les bruits émis par son tas d’or par des entrechoquements de chaînettes sur ses boutons, son ceinturons ou ses fibules.
En tout cas, je ne suis pas le seul à l’observer. Il y a toujours une ombre malodorante qui le suit sans jamais lui cacher le soleil. En général, ce clair obscur disparaît à la moindre apparition d’une des sept couleurs. La Pureté Prismatique est la plus ponctuelle de tous mes compagnons de voyage. Elle enchaîne toujours cantiques et sermons scandées par des voix de basse encore enrouées de sommeil peu avant la cloche chantante et cristalline annonçant le petit déjeuner. Le martèlement de leurs bottes et leurs chants se répercutent à travers tous mes os quand ils déclament leurs litanies ancestrales au rythme du tambour. Leur compagnie contient beaucoup de guerriers et bien qu’ils en gênent plus d’un sur les nouvelles terres , ils ont su nous garder des pirates. Leur frégate a fait demi tour quand ils ont vu les armes de la Pureté Prismatique. A moins que ce ne soit cet homme toujours de rouge vêtu, il a mis le feu à leur voilure noire par un claquement de doigts irrités et une phrase aux étranges sonorités.
Lui, il doit toujours être au chaud, parce que moi la nuit le claquement de mes dents ne me gêne même plus pour dormir. Mais cette nuit, j’ai bien dormi, l’air se réchauffe un peu plus chaque jour, et puis je vais pouvoir m’offrir un festin de roi dans quelques instant. Et dire qu’au début de la traversée je me plaignais de mon régime de bananes. Elle est loin cette période bénie. Je me rappelle encore mon embarquement de nuit et les cris juste avant le départ. Ils m’ont réveillé en sursaut car je croyais qu’ils m’étaient adressés.
Le créancier et ses humanoïdes de mains firent alors une erreur qui leur a permis d’apprendre beaucoup de choses sur des thèmes comme la miséricorde et la mansuétude. Ils poursuivaient un vociférateur endetté (c’est un joueur de jungle speed invétéré) sur mon navire en partance. Ce futur prophète partit prêché les Oulalaoïdes et autres indigènes étranges est un ami du capitaine. Je le sais, car ils murmurent souvent à propos de leur confrérie en cachette sans jamais mentionner son nom. Tout ce beau monde courraient donc sur le quai et déboula sur le ponton sans prévenir. Le navire est grand et ils mirent du temps avant de rattraper l’homin criblé de dettes devant des marins absorbés par la manœuvre de partance. Puis la mêlée fit du raffut : l’un invoquant son suprême à grands cris stridents et les autres leur argent. Faute de Suprême présent, c’est le capitaine qui intervint avec ses gabiers maintenant disponibles afin d’interrompre la bastonnade sous l’œil en arme mais indifférent de la Pureté Prismatique.
Interloqué, le créancier montra son bon droit par de nombreuses lettres prouvant l’endettement de son client. En tant qu’honnête humanoïde, il expliqua que les Porteurs de Message étaient au courant, ce que confirma leur représentant sur la nef par un hochement de tête. Lui et ses comparses voulaient juste ramener cet humanoïde à terre pour qu’il paie de sa personne son du et non qu’il parte pour les rivages enchanteurs du Grand Sud au delà des royaumes de l’ancien empire de Patom. Le capitaine, félidé aristocrate jusqu’au dernier poil de sa moustache et maître à bord, rendit sur l’heure son verdict. Pas d’argent sonnant et trébuchant pour le voyage : les rames. Sur une galéasse, il y a toujours besoin de bras. Le papier monnaie, c’est bon pour les crédules et la roture. Pour l’autorisation de voyage vers le Gorewanna, il donna la parole à la Pureté Prismatique maîtresse en la matière. L’officier supérieur, jugea ainsi. Pas d’autorisation plus mise en scène grotesque pour monter sur un navire à destination des rivages protégés par la confrérie, le cas est grave. L’officier clément car il ne voulait pas que le capitaine perde ses nouveaux rameurs, n’appliqua pas la peine de bon pour « appât à monstroïde de catégorie humanoïdovore ». Il leur fit juste coupé la langue et le nez pour l’exemple et attaché à leur banc au milieu de la chiourme ramant pour dettes.
Depuis ce jour, je sais plus ou moins à quoi m’attendre moi qui n’ai ni autorisation ni or mais qui voulait tant partir. Je n’ose imaginer le sort qu’il réserverait au simple flûtiste indépendant que je suis. Ah, Gorewanna, je sais que la-bas, où tout est neuf et tout est sauvage, je ferais fortune comme me l’a prédit le grand maître du vent.
Mais pourquoi j’ai accepté ce plan de voyage par ce grand maître de Balo ? Croiser deux grands maîtres dans une taverne, le même soir, j’aurais du me méfier. Parce que se retrouver à voyager sur le bateau amiral de la Pureté Prismatique, dans un tonneau, avec des bananes et un piège à rats pour seuls compagnons pendant plus d’un mois, c’est long !
Et ce disciple de Balo qui me racontait que les farces les plus courtes sont les meilleures...

La légende de Patom II
Bienvenue ou bon retour parmi les humanoïdes du monde de Patom où la légende continue... Après avoir arpenté le fief du redouté Comte Tarkas à la frontière gobelinoïde, nous vous proposons pour cette aventure de vous plonger dans les territoires de la confédération Scanes. Nous y avons découvert une seigneurie très pittoresque du nom de Charnoz. Les habitants sont de fiers gaillards indépendants et jovials.
Mais si vous voulez vous y rendre ce n’est pas que pour sa variante de la boisson des Suprêmes. La vraie raison c’est LE tournoi quinquennal des nobles scanes qui s’y déroule cette année. Il déterminera lequel d’entre eux montera sur le trône. Ce dimanche vous pourrez assister au quart de final de la confédération ouest. Un événement très important car la reine scane elle-même sera là.
Un tel événement amène beaucoup de monde et les routes menant à Charnoz sont déjà envahies par une foule très hétéroclite: suite de la reine, équipages de vaisseaux étrangers, négociants en affaire, de resplendissant membres de la pureté prismatique, des stupidoïdes, des vociférateurs, des curieux et des... BARBAROÏDES !!
Sans oublier les porteurs de messages et leur grands savoir-faire pour animer ce genre de rencontre.
Le tournoi risque d’être riches en péripéties...
La légende de Patom I
La neige s'est enfin arrêtée de recouvrir le relief tourmenté. Le cheval harassé par les bourrasques et atteint du grand mal vert s'est couché pour toujours sur ce duvet immaculé. L'humanoïde aux cheveux ébouriffés, sans cesse emmêles par le vent, rassemble ses effets et repart. La chasse aux monstroïdes pour le compte de la force blanche s'est mal terminée. Esseulé et traqué par les goblinoïdes furieux de trouver des humanoïdes libres sur leur terre de chasse, le traqueur, célébré en son pays, fuit l'ennemi héréditaire et se rappelle.
Ah ! Le monde de Patom, ses paysages enjôleurs et entretenus par des mains habiles, sa magie réconfortante et toujours utile, ses Suprêmes bienveillants et généreux, ses querelles amicales dans les tavernes où le vin coule pour rien et surtout, ses douces femelles à la fois splendides et farouches.
Le survivant se rattache à ses souvenirs et avance malgré une neige collante et des pierres glissantes. Guidé par les rayons du soleil naissant, il aperçoit son but, un poste frontière. Il se met à courir, se délestant de ses bagages et aspire au retour en sa civilisation. L'homme fournit ses dernières ressources et arrivé au pied de la forteresse, il hurle : " Patom ! Je suis de retour ! " avant de s'effondrer épuisé.
Derrière des rochers enneigés, les peaux vertes, attendent avec impatience que ces crétins d'humanoïdes ouvrent leurs portes pour secourir le fugitif...
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